La philosophie Sex and the city

Si elle était revue par Socrate ou Simone de Beauvoir, la série culottée n’aurait peut-être pas de quoi être jetée à la poubelle.

Autrefois adulée, Sex and the city est aujourd’hui rabaissée et critiquée, et pour cause, la série obtient un bien mauvais résultat sur l’échelle de Bechdel. On nous aurait donc menti en nous la vendant comme révolutionnaire pour la parole des femmes autour du sexe, alors qu’il ne s’agit en réalité que d’une bouse sexiste saupoudrée de paillettes ! Le nombre des années a de toute évidence fait perdre à ce programme culte un peu de son charme irrévérencieux (et on peut s’en féliciter, au final, c’est bien le signe que plus de vingt ans après les enjeux du féminisme ont évolués).

Bien sûr, tout n’est pas rose dans le degré de féminisme de Sex and the city, et on peut grimacer face à cette version sophistiquée de la féminité. Mais je crois dur comme fer -et comme l’entrejambe des amants de Samantha- qu’il reste encore un héritage intéressant lorsqu’on regarde les aventures de ces New-Yorkaises tant appréciées.

Les points de vues contraires et les féminités multiples

Nous avons là quatre femmes, belles, jeunes, dynamiques et modernes. L’une est une bête dans les affaires, Samantha est encore plus redoutable au lit et son arme secrète est de toujours envoyer balader la morale. Miranda est celle qui ne jure que par la rigueur, l’indépendance et la réussite de sa carrière. Charlotte, c’est l’indécrotable romantique, dont l’idéal traditionnel est toujours foncièrement malmené. Enfin Carrie, la narratrice, navigue entre ces trois modèles et passe six saisons à se poser des questions.

Alors voilà, ma théorie c’est qu’il ne faut pas voir ces quatre héroïnes comme quatre caricatures extrêmes de la femme moderne. En vérité, c’est en rendant complémentaires ces différentes identités qu’on arrive à la représentation la plus exacte de la femme actuelle. Nous sommes toutes un peu salopes, un peu sainte-nitouches, un peu têtes à claque, ambitieuses, parfois fragiles… 

Le fruit d’une société de consommation, hétéronormée, cynique et rêveuse à la fois, un brin contradictoire… C’est ça au fond la femme moderne, c’est ça Sex and the city, et c’est un peu nous tous aussi que nous le voulions ou non… 

Du dialogue socratique à Sexandthecityque

On ne m’enlèvera ça pas de la tête : il est impossible que des gens qui se réunissent pour s’empiffrer et parler de cul puissent être totalement mauvais. D’ailleurs c’est ce que faisait Socrate dans Le banquet. Oui, Le banquet, ce livre qui persiste à se vendre depuis l’antiquité (et qui hante vos plus doux souvenirs de préparation au bac de philo). Mais, ô surprise ! Ce livre met en scène une des premières figure de femme philosophe ! Est-ce un hasard ? Je ne crois pas !

Dans la série, chaque épisode se construit de la même manière : un événement titille l’intérêt de Carrie. Cette dernière aborde le sujet avec ses amies afin de mettre le doigt sur ce qui la tracasse ( des questions du genre to pipe or not to pipe). C’est à partir de là que commence vraiment l’épisode : lorsqu’une question problématique est laissée en suspend (puisque bien sûr, aucune des héroïnes n’est d’accord avec l’autre). S’en suit alors une série d’évènement qui permettra à chacune de revoir son point de vue sur la question, et le chapitre se clôt avec humour.

Cela ne vous rappelle rien ? Une entrée en matière, une problématique, des arguments, des démonstrations… C’est un véritable cours de philo de la fesse !

Alors la magie de Sex and the city, je la trouve plutôt dans un désir de s’étonner et questionner des codes et des pratiques amoureuses. L’objectif au final, c’est de questionner nos illusions qu’elles soient simplistes comme le mariage ou le partenaire idéal, ou bien plus complexes, comme notre peur de la solitude face à notre désir d’indépendance.

« Le sens de la vie c’est la quête de l’orgasme » disait Woody Allen. Si ce binoclard a raison, alors il se pourrait bien que Samantha, Carrie, Charlotte et Miranda soient les fières descendantes du philosophe pédéraste le plus populaire !

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