Le Vieux Cocu de Cervantes

Il était une fois l’histoire d’un vieux mari, possessif, jaloux, aigri, mou (mais pas du genou), et de sa belle jeune femme Lorenza, qui s’ennuyait à mourir dans sa grande maison pleine de verrous… C’est l’histoire d’une petite pièce  de théâtre de Cervantes, « Le Vieillard jaloux », qu’il publiait il y a plus de 400 ans dans ses Huit comédies et huit intermèdes jamais représentés, et la voici…

Un jour Cañizares, le vieux mari, part de chez lui, et enferme sa femme dans la maison, comme d’habitude (sympa le mec), avec sa bonne Cristina, mais… Malheur! il oublie de fermer les portes d’entrée (si si, il y en a plusieurs, on sait jamais). Les deux femmes, parlent avec Hortigosa (une voisine ma foi fort dégourdie) et en plus de se plaindre de la jalousie du vieux mari, elles racontent le dernier potin: ce monsieur est impuissant. Hortigosa leur propose de leur amener un p’tit jeunot, qui veut bien se dévouer pour la cause (lui aussi il est sympa comme mec). Elle commence donc à s’organiser…

Une fois que le vieux Cañizares est rentré chez lui, Hortigosa, déguisée en marchand de tapis, se présente à la porte. Cañizares envoie Cristina lui parler (après tout c’est elle la bonne) pour savoir qui est là. Hortigosa demande un peu de bienveillance: elle veut juste lui vendre un tableau qui comporte de jolis dessins en relief (un « guadamecil » en espagnol)… Mais bien sûr, c’est le  p’tit jeunot de tout à l’heure qui se cache derrière pour pouvoir entrer dans la maison ni vu ni connu…

Pendant que Cañizares observe le tableau, le jeunot s’éclipse avec sa belle, et ils s’enferment dans la chambre. Pendant ce temps, le vieux mari ronchonne en regardant le tableau: il est vraiment inadmissible qu’il représente une figure d’homme! Ça pourrait émoustiller sa jeune donzelle… Jeune donzelle qui se tape allègrement le jeunot jusqu’à ce que son mari se demande d’où viennent les cris qu’il entend!

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Il se doute, il court vers la chambre, ouvre la porte et… Splash! sa femme lui jette un seau d’eau au visage (ce qui laisse le temps au p’tit jeune de s’enfuir). Et c’est ainsi que la belle Lorenza fait comprendre à son vieux mari le ridicule de ses excès de jalousie. À la fin, les habitants du village viennent s’enjailler dans la maisonnée pour savoir ce qui se passe, et ils finissent tous par se réconcilier.

Ahlala ce cher Cervantes… Quel coquin! Il écrivait cette histoire il y a 4 siècles, et si Don Quichotte est son livre le plus connu, ses petites pièces de théâtre méritent aussi d’être lues, et relues!

ERIZA

Pour aller plus loin:

El Viejo celoso de Cervantes (en espagnol)

– Mon analyse plus poussée de la pièce

2 commentaires sur « Le Vieux Cocu de Cervantes »

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