Karla Barajas, autrice féministe mexicaine

Au-delà de son beau sourire, Karla Barajas cache un style acéré qui dénonce la violence présente dans notre monde, et les différentes formes de pouvoir et d’oppression. Sous la plume de cette autrice mexicaine, des insectes se transforment en «métaphores de la force » (Cultura, 29 mars 2017), des animaux dangereux sont humanisés (« El secuestro de Raúl»), et des femmes se rebellent contre leurs oppresseurs (« Donde hubo fuego », « La Mapacha» ). La violence ressort dans ses « mini fictions » grâce à leur forme brève et grâce aux images marquantes que l’écrivaine convoque.

Karla Barajas est née dans la ville de Tuxtla Gutiérrez, située dans l’Etat du Chiapas au Mexique, en 1982. Le Chiapas est l’« État le plus pauvre du Mexique, mais son premier fournisseur de pétrole, de café ou d’énergie hydroélectrique » (François Cusset, « Au Chiapas la Révolution s’obstine« , Le monde diplomatique, 2017), et c’est également une région forte historiquement par son lien avec le mouvement progressiste Zapatiste. En somme, les habitants du Chiapas sont délaissés par l’Etat Mexicain, leurs terres sont convoitées par les multinationales pour leur pétrole, et l’expérience zapatiste s’y développe depuis plusieurs décennies.

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Chiapas

Dans cette région, comme dans le reste du pays, les violences faites aux femmes sont très présentes. Dans La Revista Enheduanna, Karla Gómez écrit à ce sujet que le 17 janvier 2018, les « activistes et défenseuses des droits humains ont pris la rue » pour manifester leur colère après la mort de Gloria Balcázar, qui est la quatrième femme assassinée dans le Chiapas depuis le début de l’année. Karla Barajas est d’ailleurs l’une des instigatrices de la Revista Enheduanna, et dans un échange que nous avons eu avec elle, elle précisait:

Au Chiapas les institutions, les hôpitaux, les écoles, les maisons sont normées par le système hétéro patriarcal, et c’est regrettable, mais il est nécessaire d’être sur tous les fronts féministes. Lorena Vasconcelos a eu l’idée, avec d’autres femmes, de créer la première Revue féministe dans laquelle le journalisme serait axé sur le genre.

C’est dans ce contexte, que Karla Barajas publie depuis 2004 des contes, des poèmes, des illustrations, des articles, des nouvelles, que ce soit dans la presse papier ou virtuelle. Dans La Revista Enheduanna elle écrit des articles sur l’actualité culturelle locale, et sur les problèmes de société – comme la santé, l’éducation, les violences faites aux femmes – dans la rubrique « Opiniones », depuis 2015 – et elle modifie sa façon d’écrire pour lutter contre le sexisme présent dans la langue, en adoptant des formes neutres, non genrées: par exemple, lorsqu’elle parle des enfants, elle écrit « lxs ninxs ».

En publiant des textes sur des blogs littéraires et dans des revues plus spécialisées, en partageant ses écrits avec des cyberlecteurs·trices du monde entier, Karla Barajas fait vivre sa région, son histoire, le combat féministe autrement que si elle s’était «contentée» des supports papier.

Pour que toi, lecteur·trice francophone tu puisses profiter de sa merveilleuse plume, je  te laisse avec deux de ses textes que j’ai traduit…

laratonne

souslesbraises

ERIZA

Article complet sur le blog suivant:

Karla Barajas, autrice féministe mexicaine

On peut lire ses textes écrits en espagnol sur les sites suivants:

Anthologie de minifictions, Poesía desde la coyuntura : voces para caminar, El Beismán, LiberoAmérica, Brevilla, La Piraña, Plesiosaurio, Alquimia Literaria.

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