The handmaid’s tale: Le roman des femmes contre les femmes

J’ai eu la curiosité de lire le roman La servante écarlate de Margaret Atwood, non pas uniquement parce que les échos de la super série fredonnait à mes oreilles, mais en tombant sur une analyse de la dite série par la chaîne youtube ScreenPrism, « The Handmaid’s Tale: Framing Strong Women« .

Diviser pour mieux régner

L’analyse affirmait que les couleurs portées par les personnages définissent leur catégorie sociale ainsi que leur fonction. Les servantes sont écarlates comme l’indique le titre, les épouses qu’elles servent sont bleues, les Marthas (les domestiques) sont vertes, etc. Ce procédé est utilisé par le livre et par la série.

« Le rouge et le bleu contrastent l’un avec l’autre et montrent que le système place intentionnellement les épouses et les servantes en opposition pour maintenir toutes les femmes sous son contrôle. »

Cette remarque titillait mon esprit et me rappelait les paroles de Simone de Beauvoir dans le début du Deuxième Sexe:

« Les femmes -sauf en certains congrès qui restent des manifestations abstraites- ne disent pas « nous »; les hommes disent « les femmes » et elles reprennent ces mots pour se désigner elles-mêmes; mais elles ne se posent pas authentiquement comme Sujet. […] C’est qu’elles n’ont pas les moyens concrets de se rassembler en une unité qui se poserait en s’opposant. » (p.21)

Signifier les rivalités des personnages par un code couleur passe pour quelque chose de relativement simple. Tout le long du livre un tas de procédés simples participent à ce même constat: Dans l’intrigue, les hommes ne sont pas tant représentés comme les opposants, ils sont même pour le moins passifs et pris au piège d’un système qui pourtant leur est plus profitable.

Drôle de dystopie

Ce qui me mène à penser que ce livre que l’on définit comme une Dystopie féministe, relève d’un féminisme plus subtil que je ne m’y attendais en montrant bien que l’ennemi direct des femmes ne sont pas ici les hommes mais les autres femmes: en effet tout le génie et la subtilité d’une société anti-féministe est de jouer sur les rivalités du groupe discriminé pour l’empêcher de s’unir et de se révolter.7790347558_les-servantes-ecarlates-de-the-handmaid-s-tale

Le roman des femmes

Pour autant ce n’est pas une manière de minimiser la domination masculine, simplement le roman se concentre avant tout sur les femmes et les relations qu’elles entretiennent entre elles, d’où le besoin de l’héroïne de se replonger dans le souvenir de ses conflits passés avec sa mère et sa meilleure amie, toutes les deux impliquées dans la cause des femmes avant la mise en place de la dictature. Ces souvenirs qui ponctuent le récit nous rappellent que la mort de ces dialogues représente sans aucun doute l’échec de la défense de la cause des femmes quelque soit l’époque.

Voilà pourquoi j’apprécie tant ce livre, même si pleins d’autres aspects méritent d’être soulignés, c’est cette idée marquante que j’aime voir illustrée dans le récit. Différentes voix féminines s’entrecroisent, faisant de ce livre une épopée dont les femmes et leur condition sont le véritable sujet.

2 commentaires sur « The handmaid’s tale: Le roman des femmes contre les femmes »

  1. Cet article expose un point de vue surprenant de prime abord mais suffisamment étayé pour qu’il résiste à une lecture de l’ouvrage, on se laissera surprendre par sa pertinence croissante durant la lecture du roman d’Atwood

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